Les seins, ça te plaît / les seins, cette plaie

Aujourd’hui on va parler poitrine-s. C’est une sorte de Noël Mammaire (pardon).

Disons les choses clairement : j’ai un problème avec mes seins. Encore plus clairement : je les trouve trop gros.

Certaines pourraient me rétorquer « quelle chance ! ». J’imagine que l’on est jamais content de ce que l’on a (ou pas).

J’ai eu de longs débats avec ma colocataire qui me disait rêver d’avoir mes seins. Pas le reste du corps hein, non elle voulait garder son 34/36 mais n’était pas satisfaite de son 85B. Passons sur les canons de beauté actuels quasiment inatteignables véhiculés par la débauche d’images retouchées montrant l’idéal féminin quasi exclusivement comme une femme jeune-très-très-mince-avec-des-fesses-et-des-seins, qui suppose un régime draconien de tous les instants et un sérieux logiciel de retouche. Pour ma coloc, une femme, une vraie femme, se doit d’arborer « une vraie belle poitrine ». Comme si les poitrines plus menues n’étaient ni féminines, ni belles. Un point de vue que je ne partage pas du tout. J’ai eu beau lui détailler par le menu tous les inconvénients que je rencontrais avec mon 85E/F – et encore je ne suis pas certaine de ma taille – elle a énormément de mal à revenir sur cette idée préconçue de la féminité.

J’ai été formée tôt, vers 11 ans je commençais à me familiariser avec les soutiens-gorges. Et donc dès âge-là, le regard des hommes qui va avec. Avoir une poitrine imposante par rapport à sa stature, c’est devoir s’habituer tant bien que mal à ce qu’un certain nombre d’hommes ne vous regarde pas dans les yeux. À avoir un mal fou à trouver des soutiens-gorges à sa taille* (premier miracle) qui ne soit pas trop moche (deuxième miracle) et sans qu’il en coûte un rein (mission : impossible).  À choisir soigneusement ses vêtements car le moindre décolleté fait vite aguicheuse. À avoir des maux de dos et les seins qui ballotent dans tous les sens. À subir les effets de gravité (spoil : les gros seins, ça tombe !), et donc sentir ses seins qui descendent de 8 cm et de grosses marques rouges imprimées dans la peau en enlevant le soutien-gorge le soir – ça c’est heureusement fini car je ne porte quasiment plus de soutien-gorge depuis pile un an maintenant, j’écrirai un article dessus. Il faut aussi se résoudre à avoir toutes les difficultés du monde pour trouver un bon soutien-gorge de sport qui les remonte sous le menton pour pouvoir courir/sauter/bouger. À supporter le regard volontiers circonspect des femmes qui vous considèrent parfois trop facilement comme une menace.

« Tous les hommes veulent une femme à gros seins » disait ma coloc. Eh bien, pas du tout. Peut-être beaucoup font-ils des blagues de mauvais goût à ce sujet, mais clairement ils font peur à certains. « Mais que veux-tu que je fasse de tout ça ! Il y en a trop là dedans ! » m’a dit un soir un homme – que je n’ai plus jamais revu ensuite. Pour dire les choses crûment, pour une branlette espagnole par exemple l’intérêt ce n’est pas forcément que le pénis disparaisse sous les seins, mais davantage qu’il frotte contre le sternum, un endroit chaud et idéalement situé entre des seins, qu’ils soient gros ou petits ou de taille pas équivalente.

(Et de toute façon, si un homme se permet de critiquer vos seins d’une manière ou d’une autre, cet homme-là ne vous mérite pas. Je suis régulièrement outrée de lire ou d’entendre les commentaires que font certains individus à d’autres sur leur physique, et encore plus lorsqu’il s’agit du corps même de l’autre dans une relation d’intimité. Nous sommes nés programmés avec telle taille de poitrine ou de pénis, ou de bras, de jambes, de tête. Le sport peut aider à modeler à la marge quelques endroits mais à moins d’y passer un temps conséquent il me semble que c’est difficile de parvenir au corps que l’on veut en rêve. Sans même évoquer la chirurgie esthétique. Fin de l’aparté.)

Et donc j’ai envie de dire à toutes celles qui se trouvent de trop « petits » seins : profitez-en ! Portez des hauts sans bretelles, voire sans soutien-gorge du tout ! Courez ! Faites du sport ! Portez toutes les formes, couleurs, tissus inimaginables en soutiens-gorges pour pas trop cher ! Dites-vous qu’ils ne tomberont jamais au niveau de votre nombril ! Autorisez-vous de jolis décolletés ! De beaux sautoirs et tutti quanti !

Du côté de mes gros seins – je ne parviens pas à faire le tour d’un seul avec mes deux mains – j’essaie d’en prendre mon parti, de vivre avec. J’ai bien sûr envisagé la diminution mammaire. L’opération, l’anesthésie, les risques inhérents, les cicatrices et la perte possible de sensibilité me font reculer. Je choisis une voie plus prudente, celle de l’acceptation de soi. Je suis en chemin, mais la route est longue.

Et vous, ça va comment avec vos seins ?

* je recommande chaudement ce site (trouvé grâce à Nelly) pour mesurer sa poitrine et comprendre pourquoi on a parfois tant de mal à trouver les soutiens-gorges qui nous conviennent. Élément de réponse : la production de lingerie est majoritairement standardisée alors que nous avons toutes des formes de poitrine différentes.

Palets princiers de Noël – cadeau DIY

Bientôt Noël et sa déferlante de « mais qu’est-ce que je vais offrir à mes proches avec cette obligation sociale qui m’emmerde chaque année à cette période ? ».

Réaction du panda roux fauché : faire soi-même un petit cadeau. Du temps lointain où j’achetais chez Lush, j’ai été très souvent tentée par leurs barres de massage mais leur prix me semblait carrément délirant. Du coup petite recherche de 1386 onglets ouverts simultanément pour trouver une recette équivalente. Celle qui m’a parue la plus simple fut celle de Réo. Jugez en par vous-même :

  • 50% beurre dur (cacao, sal, etc.)
  • 45 % beurre mou (karité, mangue, etc.)
  • 5% huile végétale au choix

Les autres recettes que j’ai pu trouver incorporaient généralement beaucoup de cire d’abeille or j’ai eu à plusieurs reprises de mauvaises expériences avec, parce que trop filmogène à mon goût : sensation de gras en surface qui laisse la peau craquelée en-dessous.

Donc après un petit tour chez la caverne d’Ali Baba l’antre des tentations Aroma-Zone, paf voilà que survient un dimanche après-midi frileux, zou les petites barres de massage.

Le procédé opératoire est d’une simplicité confondante : peser – faire fondre – verser.

Comme je suis un tantinet compliquée j’ai voulu un peu enjoliver la recette de base cependant je suis certaine qu’elle fonctionne très bien toute seule.

J’ai donc utilisé, pour 11 galets d’environ 65g chacun :

  • 400g de beurre de cacao blanc AZ
  • 325 g de beurre de karité AZ
  • 25g huile de coco (achetée en magasin bio)
  • 12g de caprylis AZ – pour une texture plus « sèche »
  • 8g de coco silicone AZ – pour la texture
  • une centaine de gouttes de dry touch AZ – pour la texture
  • 10 cuillères à café de Maïzena – pour un effet moins gras. L’arrow root marche aussi.
  • 1 cuillère à café de cire d’abeille AZ – pour l’aspect vernissé et l’utiliser un peu pour ne pas la gâcher
  • 3 ml de vitamine E AZ – pour éviter le rancissement
  • 1 cuillère à café de mica or étincelant AZ – pour le fun, parce que je l’avais
  • 1 fard à paupière rose d’une palette Sephora que je n’utilisais pas
  • on peut mettre des huiles essentielles ou des parfums AZ

Ce qui n’est pas en gras est totalement facultatif. Juste remonter en HV si vous ne mettez pas de caprylis.

Le plus long c’est de tout nettoyer – désinfecter en amont, puis de découper le beurre de cacao pour le peser et le faire fondre.

On met tous les ingrédients (sauf HE et fard à paupière) dans un saladier désinfecté qui ne craint pas la chaleur, au bain-marie. Les pinces à linge c’est pour retirer le saladier sans se brûler.

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Et là on touille et on attend que tout fonde gentiment.

Pendant ce temps-là on peut regarder des vidéos Youtube d’origami.

Quand tout est fondu, on retire du bain et on laisse refroidir / épaissir un peu. On continue de touiller régulièrement.

Puis on verse dans les alvéoles de moules à muffin (les miens 7 cm de diamètre sur 3 cm de profondeur). Là on rajoute si on veut les HE et le fard à paupière de couleur.

C’est plus pratique d’avoir mis les moules en silicone sur un plateau AVANT de les remplir. Puis on met le plateau au frais. Toutes les 5 minutes on mélange dans chaque alvéole pour bien répartir les micas et la Maïzena.

On laisse quelques heures au réfrigérateur, puis on démoule et PAF ça fait des beaux galets.

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Et pour présenter ces magnifiques barres de massage, on fait une petite boîte en origami avec du papier journal. Pas de scotch, pas de gâchis, mais beaucoup d’affection pour passer ce temps à confectionner quelque chose pour ceux qu’on aime – ou pour soi-même.

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Avec cette formule j’obtiens une barre de massage qui se tient et qui fond au contact de la peau sans être trop grasse, avec une petite odeur de chocolat blanc pas écoeurante du tout et quelques micro-paillettes qui ne se voient quasiment pas – pour la version sans fard à paupière mais juste avec le mica. On peut mettre plein d’autres choses pour décorer / colorer les galets.

L’ensemble des matières premières utilisées m’a coûté une vingtaine d’euros. Pour 11 barres, cela revient à 2€ pièce. On est loin des 11€ aux 60g des consoeurs Lush… et je suis super fière de moi !

Une routine visage bio à 35€

Point essentiel de la vie de la blogueuse cosmeto (rien à voir avec celkislèvetôt), proposer une routine complète à destination de lectrices assoiffées de nouveautés. Personnellement je me méfie de prime abord aux modes concernant les rituels et marques et je préfère me laisser après moult heures de décorticage de compositions voire d’avis. Sauf que souvent les produits recommandés sont assez chers et quand on se lance on n’a pas envie et/ou la possibilité de beaucoup dépenser d’un coup. Aussi je vous propose une routine complète pour 35,75€ – dans le titre, j’ai tronqué à la virgule, bouh.

La technique du « millefeuille » (ou layering) venue d’Asie a déferlé en France dans les années 2010 sous l’égide notamment de princesse Sonia – dont on ne sait si par ailleurs elle milite pour la suppression des départements. Je n’écrirai pas mieux qu’elle le principe de fonctionnement, qui pour résumer tient en 6 phases : démaquillage – nettoyage – lotion – sérum – contour des yeux – hydratation. Apprivoisée, cette technique requiert peu de temps et permet d’améliorer significativement l’état de la peau, à condition bien sûr de respecter les besoins de celle-ci et de se tourner vers des produits à la fois doux et adaptés.

6 étapes, 6 produits

6 étapes, 6 produits

Le matin, depuis plusieurs années, je me contente d’appliquer une crème hydratante et basta. Il fut un temps où je me l’avais le visage matin et soir mais ce n’est plus utile pour moi : pendant la nuit la peau se régénère et reconstitue sa flore, nettoyer mon visage revient à en prendre les bénéfices. Alors je n’ai pas la peau grasse donc peu de problème de sébum au réveil mais je constate globalement que plus je décape ma peau, plus celle ci produit du sébum et des imperfections. Bref, on peut si on le souhaite utiliser nettoyant puis hydrolat, puis crème hydratante. Je me contente de deux pressions de la crème désaltérante AZ qui hydrate, matifie et protège ma peau. Le temps de l’étaler sur visage, cou et décolleté prend presque 30 secondes. Les peaux sèches apprécieront davantage sa copine un poil plus riche.

Le soir
Si maquillage, démaquillage. Tout part à l’huile de coco (5€/200ml en magasin bio), parmi les plus agréables pour se masser le visage. Puis serviette imbibée d’eau chaude pour enlever le plus gros. Il m’arrive régulièrement de remplacer l’huile par le gant Lapiglove ou mon gel huileux.
Étape suivante : nettoyer. Là il faut prendre quelque chose de lavant mais doux please. J’ai découvert les savons saponifiés à froid, parfaits pour cet usage. Il y en a pour 4,5€ chez AZ. On tapote doucement avec un mouchoir pour sécher la peau.
On enlève le calcaire avec un pschitt d’hydrolat. Le bleuet rééquilibre et apaise, un bon point pour reconstituer la flore en douceur après le nettoyage. 6,5€/200ml + 0,7€ la pompe spray à acheter séparément. A conserver au frais.
Ensuite, contour des yeux. L’huile de calophylle inophile permet de réactiver la circulation sanguine, nos cernes apprécieront. Le roll-on avec la bille en métal permet de faire le tour de l’os de l’orbite en 3 secondes rafraîchissantes pour déposer un tout petit peu d’huile. 1,75€/dosette de 10ml, à verser dans un roll-on en verre (1,3€) préalablement stérilisé à l’eau bouillante ou à l’alcool.
Puis le sérum huileux. On choisit une, deux ou trois huiles qui conviennent à son type de peau. La mienne, normale à tendance légèrement mixte, adore l’HV de chanvre qui régule la production de sébum. Un peu de nigelle et de jojoba complète son action. On profite des dosettes 10 ml de chez AZ qui coûtent entre à,75 et 2,5€ chacune, pour les mettre dans un flacon-pipette 30 ml à 1,5€ ou un flacon douceur à 1,9€ (à stériliser préalablement encore), toujours chez AZ. Mieux vaut faire de petites quantités, 30ml ça dure déjà 2-3 mois sachant que l’on n’utilise que quatre goutte à chaque fois.
Quelques propositions de mélange selon les types de peau :

  • peau normale : chanvre, abricot, onagre, rose musquée
  • peau sèche : avocat, argan, bourrache, amande douce, abricot, coton, onagre, prune
  • peau grasse : jojoba, noisette, nigelle, pépins de raisin, neem

Et si on est motivée, on rajoute 1 ou 2 HE adaptées à son type de peau.

 

Enfin, la crème hydratante. Perso j’en mets ou non suivant comment je sens ma peau après le sérum. J’utilise la crème désaltérante AZ, je passerai sans doute à sa copine plus nourrissante cet hiver.  8,5€.

 

Et voilà une routine douce et efficace à petit prix ! Je pense que cela coûte même moins cher qu’une routine complète en supermarché. Et une fois les produits finis, il n’y a pas besoin de racheter de roll-on ou de flacon pour le sérum, ni de pompe pour l’hydrolat.

Je n’ai aucun intérêt chez AZ mais je commande chez eux depuis plusieurs années et suis globalement très satisfaite de leurs produits. Je ferai prochainement un petit récap’ de leurs produits les plus intéressants.

J’espère que cet article pourra être utile à certaines personnes, n’hésitez pas à me demander des précisions ou à m’indiquer comment vous procédez.

Boudin courbé cherche remplaçant

L’un de mes gestes indispensables de beauté consiste en l’utilisation d’un recourbe-cils, que je mette du mascara ou non. Même en laissant les cils tels quels ensuite, cela permet vraiment d’ouvrir le regard. Du coup, j’utilise assez intensément le mien, qui vient de Shu Uemura – mais ceux à 4€ fonctionnent très bien aussi. A force de l’utiliser, le boudin en silicone (caoutchouc ?) se creuse et une ligne apparaît au milieu. On a l’impression que le recourbe-cils est bien moins efficace. Ci-dessous, une petite démonstration de l’efficacité habituelle de l’objet.

Avant

Avant.

Pendant.

Pendant.

Après.

Après.

Ce problème d’usure se règle facilement : il existe des recharges de boudin pour recourbe-cils. A ma connaissance, seuls Muji et Marionnaud* en proposent régulièrement – et pas Sephora ni Monop. Et donc pour 1,5€ les 2 (Muji) ou 2€ les 3 (Marionnaud) on reprend un an de tranquillité. Et ils s’adaptent à tous les recourbe-cils, ma mère en a un pas du tout Shu et cela ne pose aucun problème.

Les recharges Muji

Les recharges Muji

"boudin de recourbe-cils" se traduit donc par "refill rubber" en anglais. Merci Muji !

« boudin de recourbe-cils » se traduit donc par « refill rubber » en anglais. Merci Muji !

La bête parée de son nouveau boudin noir.

La bête parée de son nouveau boudin noir.

Est-ce qu’utiliser un recourbe-cils abîme nos petits cheveux des yeux ? Sur la frange nue avec un minimum de précaution, non. En trois ans d’utilisation quotidienne, je n’ai jamais arraché de cil ainsi. C’est une espèce de mise en pli sans chaleur ni produit. En revanche ma coloc anglaise qui l’utilisait après son mascara faisait des massacres sur ses yeux. Donc cils nus, en douceur, quelques secondes au plus près de la paupière, puis au milieu et à la pointe des cils. Cela prend moins d’une minute quand on s’y est entraîné. Et si jamais je me maquille les yeux, je le fais avant pour ne pas enlever de matière de la paupière. Là aussi on s’habitue assez vite à se maquiller derrière la frange de cils.

Voilà pour la petite astuce ! Concernant la mise en action, je recommande cette vidéo d’une fille qui a plein de pep’s.

Maintenant j’ai envie d’essayer le recourbe-cils « compact » de Muji. Quelqu’un l’a-t-il déjà essayé ?

*En septembre j’ai visité 6 ou 7 boutiques Marionnaud sans trouver leurs recharges habituellement dans leurs accessoires. Il paraît que la gamme est refaite à l’occasion de leur anniversaire. Je ne sais pas si leurs embouts caoutchoutés seront de nouveau dans leurs catalogue et rayons.

Gel huileux démaquillant

Se démaquiller , entre le produit acheté et les cotons éventuels, revient vite cher. Je me suis longtemps démaquillée à l’aide de mes doigts et d’huile végétale, olive et/ou avocat selon mon budget, elles sont un peu épaisses ce qui les rend facile à masser pour tout décoller. J’utilise ensuite un nettoyant moussant pour tout enlever, mais celui que j’utilise en ce moment est vraiment doux, j’ai parfois l’impression que cela n’ôte pas toute l’huile en une seule fois.

L’autre problème c’est que je suis un peu flemmarde. Emporter sa bouteille d’huile, en faire couler (trop)(ou pas assez) dans les mains (et partout ailleurs), galérer avec les mains pleines d’huile pour ouvrir/fermer le robinet, saisir le tube de nettoyant qui glisse aussitôt par terre, jurer, se pencher, le ramasser… J’en rajoute, mais ayant essayé la facilité des huiles-démaquillantes-pétrochimiques-parfumées-qui-se-rincent, j’ai voulu trouver un équivalent bio et pas très cher, ni trop long à faire.

J’ai donc essayé le gélisucre, couplé avec de l’huile d’avocat. Equipement minimal, il faut un bol et un petit fouet, tous deux stérilisés à l’alcool.

Gel0

On met à peu près 10 ml de gélisucre dans le bol, soit plus ou moins 1/5e de ce petit pot – notez la précision de mes mesures. On verse ensuite 50ml d’huile, quasi au goutte à goutte, en fouettant. ça prend une vingtaine de minutes, il faut vraiment y aller progressivement – je regarde ou écoute des émissions pendant ce temps.

A la fin on obtient un mélange vert élastique que j’ai empoté tant bien que mal (je suis moi-même empotée, wooouh) dans 2 pots de 30 ml eux aussi rincés à l’alcool hein.

Gel1

Il suffit d’une petite noisette pour enlever un maquillage léger. J’ai été épatée par son efficacité pour enlever mascara et eye-liner, c’est encore mieux que les huiles seules, et en frottant encore moins.

Gel2

Est-ce que ça se rince aussi facilement que les huiles démaquillantes du commerce ? Non. Une bonne partie s’en va en rinçant à l’eau, mais il reste un petit film huileux qui part très rapidement avec un nettoyant très doux comme le Coslys que j’utilise en ce moment. Donc c’est quand même bien plus simple pour moi que l’huile végétale seule.

C’est aisément transportable sans couler. Bref, contente. Et je vais pouvoir tester le gélisucre dans une crème maison en émulsion à froid.

Folie, la Chantilly qui exfolie

Le dimanche soir, que les journaux annoncent une vague frontiste aux municipales ou non, j’aime bien prendre le temps de me faire un gommage. Pas de gommage du commerce, qui me conviennent rarement et s’avèrent très onéreux pour ce que c’est. Donc je les prépare moi-même, c’est vraiment rapide une fois que l’on connaît les ingrédients – très basiques – dont nous avons besoin. Trois critères : que ce soit rapide à préparer, pas galère à enlever, doux mais efficace, et si possible compatible visage-corps-cuir chevelu. Eh beh, t’es pas exigeante, toi. Mais si c’est possible, tu vas voir.

J’aime bien le marc de café sur le corps, ça laisse une peau hyyyyper douce, mais mon visage déteste. J’ai essayé une fois sur le crâne et…mon dieu j’ai mis des plombes et des litres de shampoing à tout enlever. Plus jamais.

Le sucre en poudre dans le gel douche ou le shampoing ? Rapide et efficace, mais pas top pour le visage. En plus je n’utilise que du sucre non raffiné à gros grains dans ma cuisine, j’ai l’impression de me gommer la peau avec des morceaux de verre.

Il y a bien eu le convaincant article de Tête de Thon sur le gros sel dans le shampoing, mais je n’ai pas été persuadée par la praticité de la chose sur mon scalp. Et pas trop visage-friendly.

Le sel fin dans de l’huile végétale ? Difficilement rinçable, et ‘l’idée de passer un quart d’heure à nettoyer la baignoire après ma douche m’épouvante.

Bon mais alors tu l’as trouvée ta solution miracle ? Oui.

Après moult essais, je me suis dis « Honey is the answer ». Faut savoir que j’utilise de plus en plus le miel en cosmétique car c’est très hydratant, Nelly l’explique bien. Cela se rince vraiment facilement. Je me tartine le visage de miel, parfois allongé d’un peu de jus de citron. Peau nette douce et « plumpy » assurée. Quand aux lèvres, elles adorent et font un duck face naturel après quelques minutes de pose tellement elles sont repulpées.

Néanmoins le miel tout seul, si ça exfolie en douceur le visage, ce n’est pas suffisant pour les pieds et zones rugueuses – genoux, coudes, fesses. Qu’est-ce que j’ai dans ma cuisine de très fin ? Le bicarbonate de soude, bien sûr ! Lui aussi je m’en sers pour plein d’usages cosmétiques ou non (déodorant, shampoing sec, détachant textile, etc.). 4€ le kilo en magazin bio pour la qualité « technique » à fine granulométrie. Il gonfle quand on le couple avec un produit acide, comme le vinaigre (odeur pas sexy) ou le jus de citron (odeur déjà bien mieux).

On prend donc :

  • 2 bonnes CS de miel, si possible bio et liquide
  • 2 CS de bicarbonate fin.

On touille. On rajoute :

  • 2 CS de jus de citron
  • 15 gouttes d’huile essentielle de pamplemousse (ou tout autre HE dont l’odeur te plaît)

On re-touille. Et PAF ! Des Chocapic©. Une Chantilly.

Une texture gonflée à bloc.

Une texture gonflée à bloc.

Tout ceci prend environ 1 minute. Ensuite on applique sur crâne humide. ça colle un peu mais c’est gérable. On masse gentiment le cuir chevelu, on attache ses cheveux, on laisse poser 10 minutes. Ensuite, on applique la Chantilly à sec sur le visage et sur le corps. Sur les zones fragiles (visage, cou, décolleté) on laisse le miel et le citron faire leur boulot d’exfoliation chimique. Sur les zones où il faut y aller avec l’artillerie lourde, on masse à pleines mains. Puis on prend sa douche et on se lave les cheveux tout à fait normalement. Le miel se rince très rapidement, même celui sur la tête.

Les petits grains du bicarbonate, une texture qui ne coule pas, facile à masser si besoin.

Les petits grains du bicarbonate, une texture qui ne coule pas, facile à masser si besoin.

Après la douche, on bénéficie d’une peau douce, d’un cuir chevelu débarrassé de ses pellicules. Merci qui ?

Edit : en version vegan, on remplace le miel par du sirop d’agave et une larme de glycérine.

(Re)débuter

Ce n’est pas mon premier essai sur la blogosphère, ni sans doute mon dernier.

Dans celui-ci je compte partager un certain nombre de réflexions relatives aux cosmétiques, sur lesquels je m’interrogent depuis plusieurs années. Au-delà du test de 36.000 produits, je pense que le beau est affaire d’attitude mentale et de mise en avant de nos atouts individuels.

Et cela passe par ce qui est bon pour nous, pour la planète aussi. Faire preuve de bonté envers soi-même me semble primordial, en plus de faire ce qui est bon pour notre environnement – ce qui pour moi est bien souvent lié. La bonté passe aussi par l’écoute et le respect de son cors, notamment en termes de nourriture. C’est un sujet qui me tient à coeur car nous sommes assaillis de contractions au point de souvent ne plus parvenir à savoir comment manger.

Pour ce faire, nos sens nous aident, bien plus qu’on ne le pense si l’on prend la peine d’y être attentif. Ils nous permettent également de donner du sens à nos gestes, à nos relations. Je passe une bonne partie de mon temps à tenter de retrouver du bon sens – pas forcément la chose au monde la mieux partagée, René – dans notre société pour laquelle exister veut dire consommer. Dans ce grand merdier, il n’est pas aisé de déceler les bons accords pour notre santé physiologique et psychologique.

Beau(té), bon(té), sens et santé, aller, j’ai presque réussi le jeu de mots initial.

Un dernier mot sur la difficulté de placer le curseur entre discours moralisateur et mièvrerie égocentrique sur le sujet de la beauté. Néanmoins des personnes comme Nelly, Carole ou Sabrina montrent qu’un équilibre est possible, en plus d’être des sources d’inspiration décomplexantes.